Lettre adressée à la Direction norvégienne de l'éducation

L’association Lion Mothers a adressé une demande à la Direction norvégienne de l’éducation (Udir) faisant part de ses préoccupations concernant l’interprétation de la loi sur l’éducation relative aux enfants ayant des besoins spéciaux dans les établissements d’enseignement secondaire supérieur.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des enfants ayant des besoins très complexes semblent désormais risquer de perdre leur droit à l'éducation !

Veuillez lire la lettre dans son intégralité ci-dessous. Nous attendons toujours une réponse d'Udir.

Nécessité de clarifier l'intention de la nouvelle loi sur l'éducation – risque d'affaiblissement du droit à l'éducation pour les élèves présentant des difficultés complexes

Préoccupations concernant l'interprétation de la Loi sur l'éducation.

Cet automne, les Mères Lionnes ont reçu de nombreuses demandes de renseignements de parents et tuteurs désespérés dont les enfants ont besoin d'un accompagnement adapté au sein des lycées. Ces demandes témoignent d'une pratique où les lycées des communes et le service PP de l'enseignement secondaire, invoquent parfois des contraintes budgétaires et la nouvelle loi sur l'éducation pour orienter les élèves vers des services de santé et de soins. Ceci concerne les enfants ayant besoin d'un enseignement individualisé (article 11-6) et/ou d'une aide à la personne (article 11-4). En conséquence, la commune propose des opportunités éducatives réduites et les élèves sont transférés dans des centres d'accueil de jour pour adultes. La commune qualifie ces structures d'« alternatives éducatives ». Nous comptons également parmi nos membres des enfants refusés juste avant la rentrée au lycée cet automne et qui n'ont donc pas pu y accéder.

La distinction entre éducation et soins de santé n'est pas nouvelle, mais on observe actuellement une évolution des pratiques : de plus en plus d'activités relevant de l'éducation sont désormais considérées comme des soins de santé, et ce, sous forme de services de santé et de soins. Ce sont le Conseil provincial de l'éducation (CPE) et l'établissement scolaire qui définissent ce qui est éducation et ce qui est soins de santé, et une distinction est faite entre ce qui est considéré comme « éducation » et ce qui est considéré comme « stimulation et maintien ». La municipalité et le CPE estiment que la « stimulation et le maintien » ne relèvent pas du champ d'application de la loi sur l'éducation. Pour de nombreux enfants, le maintien des compétences, des connaissances et des savoir-faire est un élément central de l'éducation et essentiel à leur développement futur.

Cette interprétation de la nouvelle loi signifie qu'une grande partie de l'éducation reçue par l'élève à l'école primaire et au titre de l'ancienne loi sur l'éducation ne relève plus du droit à l'éducation adaptée, notamment en ce qui concerne les services municipaux de santé et de soins. Or, selon les Mères Lionnes, cela ne correspond pas aux directives de la Direction de l'Éducation, qui souligne que l'éducation peut également inclure la formation aux activités de la vie quotidienne (AVQ), la communication, l'apprentissage social et d'autres mesures à visée éducative.

Les familles qui contactent Løvemammaene ont souvent en commun le fait que leur enfant a été transféré de son établissement scolaire ou qu'il est envisagé de le transférer hors du lycée afin qu'il puisse bénéficier d'une formation dans un centre de jour/centre d'activités municipal pour adultes. De plus, un éducateur rattaché au lycée rencontre l'élève au centre de jour pour assurer les heures que l'établissement et le PPT considèrent comme faisant partie de l'enseignement. Il s'agit d'élèves qui ne reçoivent que 7 à 9 heures de formation par semaine, le reste n'étant pas couvert par la loi sur l'éducation.

Les Mères Lionnes ont reçu une lettre du Conseil du comté de Rogaland adressée aux municipalités, les invitant à dialoguer afin de clarifier la répartition des responsabilités financières entre les services de santé et d'aide sociale et l'éducation des élèves du secondaire. Cette lettre est jointe.

Le droit à l'éducation et à la formation est inscrit dans la loi sur l'éducation, la Constitution, la Convention relative aux droits de l'enfant et l'article 24 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Le fait d'exclure de l'école des enfants présentant des besoins importants et complexes et de les orienter vers les services de santé et de soins pour des raisons financières et une conception restrictive de l'éducation est contraire au droit norvégien, à la Convention relative aux droits de l'enfant et à la CDPH.

Une telle pratique, dont nous constatons ici les prémices, risque de priver d'éducation des enfants présentant des besoins importants et complexes. Les Mères Lionnes estiment qu'une telle interprétation de l'intention de la nouvelle loi sur l'éducation sera cruciale pour les enfants et les jeunes confrontés à des difficultés et des besoins complexes, qui risquent de perdre à la fois leur droit à l'éducation et leur droit à une participation égale. Les Mères Lionnes demandent à la Direction norvégienne de l'éducation d'interpréter l'intention de la nouvelle loi sur l'éducation en cas de besoin d'enseignement adapté.

N'hésitez pas à nous contacter si quelque chose n'est pas clair, ou si vous avez besoin de précisions ou d'informations complémentaires.

Avec mes meilleures salutations
Løvemammaene

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