Aujourd'hui, la présidente Bettina Lindgren et la vice-présidente Elin Gunnarsson ont participé, au nom des Lion Mothers, à une audience orale concernant les « Amendements à la loi sur les droits de l'homme, etc. (incorporation de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées – CDPH) ».». La responsable des droits de l'homme, Gunn Helen Ege, a également soumis sa contribution écrite à la consultation au Comité de la justice.
Vous pouvez consulter et lire les deux contributions ci-dessous.
L'audience orale sous forme de texte
Il s'agit d'une question aussi fondamentale que celle des droits de l'homme.
Car même si en Norvège nous aimons croire que chacun a les mêmes droits, ce n'est pas le cas dans les faits. Surtout pas pour nos enfants.
Chaque jour, nous recevons des témoignages de familles qui se voient refuser l'aide dont elles ont besoin. Qui doivent se battre contre la municipalité pour obtenir du BPA, une journée d'école fonctionnelle et des soins de santé réellement abordables.
Ils se heurtent à des systèmes qui interprètent la législation différemment – d’une municipalité à l’autre, d’un travailleur social à l’autre.
Ils entendent : “ On ne fait pas comme ça dans notre municipalité. ”.
Mais les droits de l'homme ne devraient pas varier selon le code postal.
Lorsque la Convention relative aux droits des enfants (CDHE) sera intégrée au droit international des droits de l'homme, cela signifiera que les droits de nos enfants auront la même valeur que ceux des autres conventions.
Cela signifie que lorsqu'un conflit survient entre deux lois, les droits de l'homme doivent prévaloir.
Dès lors, la municipalité ne peut plus s'appuyer sur des considérations économiques, des pratiques ou des interprétations locales ; elle doit adhérer au principe d'égalité et de participation.
Cela signifie également que les tribunaux et les administrations disposeront d'un outil juridique clair pour protéger les personnes handicapées.
Aujourd’hui, la CDPH est souvent utilisée “ à titre indicatif ”, mais sans ancrage, elle n’a que peu de valeur en pratique.
Suite à la nouvelle loi sur l'éducation, nous avons constaté cet automne une pratique dans les lycées qui ne peut se justifier que par des considérations économiques. Des élèves ayant des besoins importants sont exclus de l'école et orientés vers les services de santé, du fait d'une interprétation restrictive de la loi. Un de nos membres a un enfant scolarisé au lycée pour lequel deux heures de cours par jour sont recommandées, le reste du temps étant considéré comme de la garde – que nous qualifions de tutelle. Ceci est contraire au principe d'égalité d'accès à l'éducation. L'article 24 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) établit le droit à une éducation inclusive, où toute la journée scolaire doit être un espace d'apprentissage, de développement et de participation – et non pas seulement les heures de cours. L'intégration de cette loi conférera aux municipalités et aux autorités départementales l'obligation claire d'organiser l'éducation de manière flexible et globale, et leur offrira notamment une protection juridique lorsque le droit à l'éducation est effectivement menacé.
Nous avons des membres dont les enfants ont été retirés de force de leur foyer familial et placés en institution, uniquement en raison de leurs besoins en services – contre la volonté de l'enfant et de ses parents. Pour ces familles, aucune audience au tribunal ni représentation légale aux frais de l'État n'est requise – contrairement aux placements effectués par les services de protection de l'enfance – alors même que cette mesure est au moins aussi intrusive dans leur vie.
La protection juridique de ces familles est aujourd'hui pratiquement inexistante, mais dans ce cas, les articles 19 et 23 de la CDPH relatifs au droit de choisir son lieu de résidence et au droit à la vie familiale permettront d'empêcher une telle discrimination.
La constitution en société offrira à ces familles une protection juridique plus solide – et, plus important encore peut-être : elle obligera les autorités à assurer un suivi effectif.
Il ne s'agit pas d'accorder aux personnes handicapées plus de droits qu'aux autres.
Il s'agit de garantir qu'ils bénéficient des mêmes droits que les autres.
Pour nos enfants, cela signifie la différence entre une vie où la famille doit constamment se battre et une vie où les droits sont à la base, comme fondement.
Nous espérons que le Storting franchira enfin cette étape, non pas comme un symbole, mais comme un véritable engagement. Que la Norvège démontre concrètement que les droits humains s'appliquent à tous, y compris aux personnes handicapées.

Contribution écrite à la consultation
Løvemammaene est une association indépendante de tout diagnostic qui œuvre pour informer et améliorer les droits des enfants et des jeunes atteints de maladies ou de handicaps fonctionnels. Nous sommes profondément attachés au soutien, à la liberté et à l'égalité pour toute la famille. L'association est en pleine expansion et compte plus de 9 500 membres.
Les Mères Lionnes vous remercient de nous donner l'occasion de contribuer à l'une de nos questions les plus importantes, qui concerne un sujet aussi fondamental et aussi évident que les droits de l'homme.
Cela fait maintenant plus d'un an que le ministère et le gouvernement ont reçu le rapport qu'ils avaient demandé. Dans ce rapport, la majorité des membres du comité recommandait l'intégration de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) dans le droit norvégien et a remis un document de 200 pages expliquant également comment cela pourrait se faire concrètement. Depuis, peu de choses ont été entreprises.
Nous le constatons quotidiennement à Løvemammaene. Nous aidons de nombreuses familles depuis plusieurs années et nous continuons de le faire. Ces familles ont le sentiment que leurs droits ne sont pas respectés. Nous avons alerté à maintes reprises. Il est temps que des actes soient commis.
Car ce problème est en réalité assez simple. Et pourtant, nous y revoilà. À défendre l'idée que les droits humains doivent aussi s'appliquer à nos enfants. Nous ne réclamons rien de plus, rien de différent, mais simplement que les droits humains fondamentaux s'appliquent à tous. Des droits que la plupart d'entre nous tiennent pour acquis, mais dont les plus vulnérables sont privés.
Nous ne pouvons que commenter l'avis minoritaire du comité selon lequel la Norvège est allée trop loin dans l'intégration des conventions antérieures et que, par conséquent, la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) ne devrait pas être intégrée à la loi sur les droits de l'homme. Les Mères Lionnes estiment que la pratique norvégienne consistant précisément à intégrer les conventions antérieures est un élément important du travail des ministères pour atteindre les objectifs d'égalité et d'égalité d'accès aux services.
L’intégration de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) ne conférera pas aux personnes handicapées des droits plus étendus ou supérieurs à ceux des autres. Il s’agit de garantir et de préciser les droits fondamentaux, notamment le droit à la participation sociale, à une vie autonome et à l’égalité.
Les Lionesses estiment que la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et la législation en matière de santé et de protection sociale ne se contredisent pas, mais se complètent et se renforcent mutuellement. Ainsi, la Convention consolidera les droits déjà inscrits dans la loi sur la santé et les services sociaux et la loi sur les droits des patients et des usagers.
Le respect des droits humains devrait aller de soi, et pour certaines municipalités, l'intégration à la Convention viendra appuyer le travail déjà accompli sur leur territoire. Pour d'autres, cette convention sera absolument nécessaire pour que les enfants, les jeunes et leurs familles bénéficient des mêmes opportunités que les autres enfants. En pratique, les disparités entre les municipalités sont considérables. Si certaines utilisent leur marge de manœuvre pour garantir l'égalité de traitement et l'égalité pour leurs résidents, l'écart se creuse davantage pour celles qui n'y parviennent pas.
Les municipalités doivent bénéficier d'une autonomie et d'une marge de manœuvre, mais toujours dans l'intérêt supérieur des citoyens, qui les composent. Nous pensons que l'intégration de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) dans le droit norvégien contribuera probablement à uniformiser les traitements différenciés. Non pas nécessairement en ce qui concerne le choix de toutes les solutions et de tous les services, mais plutôt en ce qui concerne les critères d'évaluation et les droits à utiliser pour garantir des services nécessaires et justifiés.
Les Mères Lionnes soutiennent les modifications proposées à la Loi sur les droits de l'homme, à la Loi sur les passeports et à la Loi sur les cartes d'identité et attendent avec intérêt une décision qui établira que nos enfants ont eux aussi la même valeur.
Avec mes meilleures salutations
Les mères lion