Les Mères Lionnes ont soumis des contributions à la consultation NOU 2026 : 1 Un secteur municipal durable. Nous craignons que les propositions du rapport mettent trop l’accent sur l’efficacité et la flexibilité, sans une évaluation suffisante des conséquences sur la sécurité juridique et l’égalité d’accès aux services. Les enfants malades ou en situation de handicap, ainsi que leurs familles, risquent d’être particulièrement affectés. La durabilité ne saurait se faire au détriment des droits fondamentaux.
Vous pouvez lire ci-dessous le document de consultation dans son intégralité :

Contribution à la consultation - NOU 2026 : 1 Un secteur municipal durable
Løvemammaene est une association indépendante de tout diagnostic qui œuvre pour informer et améliorer les droits des enfants et des jeunes atteints de maladies ou de handicaps fonctionnels. Nous sommes profondément attachés au soutien, à la liberté et à l'égalité pour toute la famille. L'association est en pleine expansion et compte bientôt près de 10 000 membres.
Les Mères Lionnes vous remercient de nous avoir donné l'occasion de contribuer. Nous avons choisi de commenter certaines propositions issues des travaux de la commission, présentées aux points 1 à 5 ci-dessous.
D'emblée, nous tenons à souligner qu'il est souvent fait remarquer que nous « Nous allons manquer de personnel avant même d'être à court d'argent. », Le recrutement représente le plus grand défi du secteur municipal. Si le recrutement est important, la réalité est que les finances municipales constituent le principal problème. La marge de manœuvre des municipalités est largement déterminée par les transferts de l'État. Alors même que l'État norvégien n'a jamais été aussi riche, et nettement plus riche que les pays européens comparables, de nombreuses municipalités sont déficitaires. La Norvège devrait réunir tous les atouts pour offrir les meilleurs services de santé et de soins, tant au niveau municipal que dans les services de santé spécialisés.
La Commission part du principe qu'une réduction du contrôle de l'État et une plus grande marge de manœuvre locale contribueront à une utilisation plus efficiente des ressources et à une meilleure affectation du personnel. Les Lionnes estiment que ce postulat n'est pas suffisamment étayé. La Commission elle-même souligne d'importantes disparités en matière de conformité entre les municipalités, avec des taux allant d'environ 50 % à 99 %. Les Lionnes craignent qu'une réduction du contrôle de l'État et des exigences nationales ne renforcent les disparités existantes et n'accroissent le risque de non-respect des droits.
Pour les familles d'enfants gravement malades, l'expérience montre qu'une gouvernance réduite entraîne souvent une augmentation de l'arbitraire, des disparités géographiques plus marquées et une précarité juridique accrue. On ne dispose pas d'informations suffisantes sur l'impact des mesures proposées sur les groupes les plus vulnérables de la société.
La Commission souligne également la nécessité de mobiliser la main-d'œuvre dans les années à venir. L'association Lion Mothers tient à préciser que les familles d'enfants gravement malades ou en situation de handicap représentent déjà une part importante, et souvent invisible, du travail de soins en Norvège. L'insuffisance des services actuels contraint un trop grand nombre de parents à réduire leur activité professionnelle, voire à la quitter. Un affaiblissement des services risquerait donc d'aggraver, et non d'atténuer, les difficultés liées à la main-d'œuvre dans le secteur municipal. La pérennité ne se limite pas aux questions financières et de personnel. Elle doit également s'inscrire dans une perspective d'égalité et de droits humains.
À propos de la CDPH et de l'intérêt supérieur de l'enfant
L'administrateur de l'État de Rogaland apporte des précisions dans son orientations relatives à la CDPH dans les cas individuels en vertu de la loi sur les services de santé et de soins , La Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), datée du 15 mars 2026, souligne l'importance d'une évolution majeure dans la manière dont la société doit prendre en compte les enfants et les adultes présentant des variations fonctionnelles. La CDPH affirme que les droits fondamentaux s'appliquent pleinement aux personnes présentant des variations fonctionnelles.
Un autre point commun à la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) est son objectif de transformer radicalement la prise en charge des personnes handicapées, en passant d'une approche médicale à une approche fondée sur les droits. Cela signifie que les professionnels doivent abandonner l'évaluation de ce qui est « dans l'intérêt supérieur » de la personne au profit d'une prise en compte de ses souhaits. L'autodétermination est donc un élément central de la Convention.
Il est frappant de constater que le NOU accorde si peu d'importance aux enfants et à leurs familles. On ne trouve aucune trace d'évaluation de l'intérêt supérieur de l'enfant ni de ses droits dans les travaux relatifs à un secteur municipal durable. Ceci est problématique, car la loi norvégienne et la Convention relative aux droits de l'enfant imposent aux ministères, directions, comtés et municipalités l'obligation d'évaluer l'intérêt supérieur de l'enfant avant toute décision le concernant, qu'il s'agisse d'enfants individuellement, de groupes d'enfants ou de l'ensemble des enfants. Les Mères Lionnes estiment qu'il s'agit d'une lacune importante du rapport et espèrent que l'intérêt supérieur de l'enfant sera davantage pris en compte dans le suivi ultérieur des travaux de la commission.
La Commission note qu'elle continuera de suivre le processus d'intégration de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) dans le droit norvégien. Ce processus est en cours et il est important que la Convention devienne le principe directeur d'un secteur municipal durable à l'avenir.
- 1. Démanteler la norme enseignante
La proposition de la Commission de supprimer progressivement la norme d'apprentissage inquiète fortement les Mères Lionnes. Pour les enfants malades ou en situation de handicap, la densité, la compétence et la prévisibilité des enseignants à l'école sont essentielles à leur apprentissage, à leur adaptation et à leur inclusion. Nombre de ces enfants bénéficient déjà d'une offre éducative fragile, et la réduction du nombre d'adultes encadrants aura un impact particulièrement important sur ceux qui ont besoin d'un soutien et d'une adaptation renforcés.
La norme relative au nombre d'enseignants constitue une garantie minimale essentielle pour éviter que les municipalités ne réduisent la densité d'enseignants à un niveau compromettant le droit des élèves à l'éducation. Sans une telle norme, nous craignons que les considérations financières ne priment encore davantage sur les besoins des enfants et que les disparités entre les municipalités ne s'accentuent. Ceci serait contraire au principe d'égalité d'accès aux services et au droit à l'éducation.
Les Mères Lionnes estiment qu'un secteur municipal durable ne peut se construire en affaiblissant les fondements de l'éducation des enfants. Investir dans l'éducation précoce des enfants est à la fois économiquement rentable et absolument nécessaire pour prévenir l'exclusion sociale ultérieure.
2. Supprimer les exigences de compétence dans les services de santé et de soins
La proposition de la Commission visant à supprimer les exigences légales de compétence dans les services de santé et de soins aura de graves conséquences pour les citoyens et leurs proches. Elle affaiblira la qualité des soins de santé primaires et contribuera à creuser les disparités entre les municipalités.
La Commission justifie sa proposition en affirmant que les critères de compétence actuels limitent la marge de manœuvre des municipalités. Les Mères Lionnes estiment que ce point de départ est erroné lorsque l'objectif est l'égalité d'accès aux services. L'obligation de respecter les droits humains ne saurait être subordonnée aux ressources financières ou aux capacités locales. L'autonomie municipale ne peut se fonder sur le fait qu'il soit trop exigeant ou coûteux d'inclure certains groupes au sein de la communauté ; cela reviendrait, en pratique, à porter atteinte aux droits fondamentaux.
La Commission reconnaît elle-même que la suppression des exigences de compétences pourrait avoir des conséquences négatives pour certains groupes, mais insiste sur la nécessité d'une certaine flexibilité. Les Mères Lionnes estiment que les considérations de flexibilité ne sauraient primer sur les droits des citoyens à la qualité, à la responsabilité et à une participation réelle. L'affaiblissement des exigences de compétences engendrera un déficit important de compétences, qui touchera de nombreux citoyens, même dans les petites communes.
Le Bureau du vérificateur général a déjà constaté d’importantes disparités géographiques dans la prestation des services de santé et de soins. Supprimer l’exigence de compétences ne fera qu’aggraver ces disparités en laissant de nombreuses municipalités dépourvues de compétences essentielles.
Les Mères Lionnes estiment que la suppression de l'exigence de compétences constitue un grave recul. Elles accompagnent chaque année de nombreuses familles membres. Beaucoup d'entre elles constatent déjà que les municipalités sont incapables de fournir des services adéquats et qu'il faut des années de plaintes répétées pour obtenir l'aide nécessaire. Pour plusieurs familles, cette aide arrive bien trop tard. Il en résulte des parents qui quittent le marché du travail, des frères et sœurs en difficulté et des familles qui ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin pour s'épanouir et participer pleinement à la vie sociale. Garantir les compétences et la qualité a un coût, certes, mais gérer les conséquences d'un échec ultérieur coûte bien plus cher.
3. Incorporer, fusionner et simplifier les subventions affectées
Les Mères Lionnes tiennent à souligner que les subventions affectées sont souvent essentielles pour que les initiatives étatiques atteignent effectivement leur public cible et constituent un outil de gestion important de l'État envers la municipalité. L'expérience montre que lorsque des fonds sont intégrés à la subvention-cadre, le montant transféré est inférieur à leur coût réel pour la municipalité et ils ne sont pas nécessairement utilisés aux fins prévues. L'affectation des fonds n'est donc pas un obstacle à la pérennité, mais un outil de gestion important pour garantir la qualité, la sécurité juridique et l'atteinte des objectifs.
4. Supprimer la subvention à l'enseignement primaire dans le système de revenu
La Commission justifie sa proposition en affirmant que la subvention pourrait engendrer des incitations perverses dans l'organisation des établissements scolaires. Les Mères Lionnes tiennent à souligner que le facteur déterminant n'est pas le modèle en lui-même, mais ses conséquences pour les enfants ayant besoin d'adaptation. L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer lors de toute réforme du système de revenus, et nous ne disposons d'aucune évaluation claire de cette proposition au regard des droits de l'enfant.
5. Simplification des subventions à l'investissement pour les maisons de retraite et les établissements de soins.
Les subventions à l'investissement que les municipalités peuvent recevoir par l'intermédiaire de la Banque du logement, notamment grâce à la création de coopératives d'habitation, sont essentielles pour nombre de nos familles membres. Ce modèle permet à de jeunes adultes en situation de handicap de devenir propriétaires, tout en bénéficiant des services de santé et de soins nécessaires.
Les lionnes contestent la présentation, par la commission, du modèle de coopérative d'habitation comme étant la forme de logement la plus coûteuse pour les municipalités. Les calculs de la Banque du logement démontrent le contraire. Il existe un écart important entre les avantages du modèle, documentés par la Banque du logement, et la description du système de subventions donnée par la commission.
Par ailleurs, la commission remet en question les critères actuels d'octroi de la subvention à l'investissement, notamment l'exigence que les établissements d'hébergement pour personnes âgées ne présentent pas un caractère institutionnel, soient situés dans des zones résidentielles ordinaires, ne soient pas trop grands et que les différents groupes d'usagers ne soient pas regroupés de manière inappropriée. La commission affirme que ces exigences augmentent les besoins en personnel et limitent la marge de manœuvre des municipalités.
Les Mères Lionnes réagissent avec une vive inquiétude à ces déclarations et estiment que la proposition de la Commission de supprimer ces exigences constitue une violation flagrante de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Il est impossible de bâtir un secteur municipal durable si certaines personnes sont privées de leurs droits fondamentaux. Ces propositions nous ramènent à la situation antérieure à la réforme de la HVPU en 1991. Un secteur municipal durable ne saurait se construire en restreignant le droit à vivre de manière autonome et dans la dignité.
Si la simplification de la subvention est mise en œuvre sans définition claire des droits du groupe cible, Løvemammaene craint que nombre de ses familles membres ne se retrouvent prises au piège entre le droit de choisir son lieu de résidence et le droit aux services de santé et de soins nécessaires. Et si les municipalités sont contraintes de considérer ces deux conditions séparément, la situation est loin d'être viable, tant pour la municipalité que pour les citoyens.
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La Commission souligne la nécessité d'une restructuration et d'une utilisation efficiente des ressources face à un contexte financier plus difficile et à une demande accrue de services. Les Lionnes souhaitent conclure en insistant sur le fait que la durabilité du secteur municipal ne saurait se réduire à la seule efficacité d'utilisation des ressources. Les transformations ne peuvent se faire au détriment de la sécurité juridique, de l'égalité d'accès aux services et des droits fondamentaux de l'enfant. Un secteur municipal qui ne garantit pas aux enfants et aux familles une participation réelle et l'accès aux services nécessaires n'est pas viable – ni socialement, ni économiquement, ni humainement.
Les Lionnes recommandent que, dans les travaux futurs, une attention particulière soit portée à :
- La Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, y compris le droit à l’autodétermination, constituent des principes directeurs préalables à la mise en œuvre de changements structurels.
- Afin de garantir des exigences minimales nationales qui assurent la sécurité juridique et l'égalité des services pour les enfants et les familles.
- Renforcer la coordination entre les secteurs, notamment pour les enfants ayant des besoins complexes, un point que la Commission elle-même souligne comme un défi.
Cordialement
Les mères lion